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Le Ministre de l’Economie et des Finances a initié pour les 12 et13 juillet 2010 un séminaire gouvernemental qui vise à sensibiliser les participants sur la question des Etats fragiles et les points de passage obligés vers un Etat guinéen moderne, stable indépendamment des régimes politiques.
A cette rencontre étaient présents des membres du gouvernement, des anciens premiers ministres et des hauts cadres de l’Etat et des partenaires au développement.
A l’occasion du lancement de ce séminaire gouvernemental, premier du genre.
Hadja Rabiatou SERAH DIALLO, présidente du CNT, a au nom du président de la transition livré aux participants un message rétrospectif des évènements qui ont caractérisé la vie nationale ces dernières années.
Elle a par la même occasion, lancé un appel à la mobilisation de toutes les énergies pour qu’au sortir de la période de transitoire, la République de Guinée rejoigne enfin, la grande famille des pays démocratiques au grand bonheur de ses citoyens : HADJA RABAITOU SERAH DIALLO : « Mesdames et Messieurs les participants,
Mesdames et Messieurs
C’est pour moi un réel plaisir et un devoir de prendre part à l’ouverture solennelle de ce séminaire dont le thème, combien édifiant, est :
L’Etat moderne au service du développement <<Guinée, Transition d’un Etat fragile vers un Etat moderne et stable >> au nom du Président par intérim, Président de la Transition, Ministre de la Défense Nationale, le Général d’Armée Sékouba KONATE.
Ce thème me semble pertinent et surtout d’actualité au moment ou +notre pays est largement engagé dans un processus de transition dont l’objectif est l’instauration d’un état démocratique respectueux des Droits de l’Homme et des Libertés fondamentales.
Comme vous le savez, Mesdames et Messieurs,
De tous temps, la mauvaise gouvernance a toujours fini par mener à l’immobilisme, à la précarité et à la misère comme c’est le cas de notre pays qui, depuis plusieurs années, une situation économique des plus difficiles en raison de la mal gouvernance généralisée à tous les niveaux.
Comme vous le savez, la mauvaise gestion le manque d’autorité et de crédibilité au sommet de l’Etat notamment, ont été à l’origine des grèves répétées initiés et conduites, principalement par le mouvement syndical. Les syndicats sont progressivement passés des revendications salariales à celles à connotation politique, largement soutenues par les populations Guinéennes, exigeant du pouvoir en place un autre type de gouvernance politique, économique et financière.
Mesdames et Messieurs Chers invités,
Les événements de juin 2006 et janvier – février 2007 ont d’avantage renforcé la détermination des acteurs d’alors, après que nombres de compatriotes désarmés, soient tombés sous les balles, avec pour seul crime celui de revendiquer leur droit à de meilleurs conditions de vies, tandis que de milliers d’autres ont été blessés, victimes de la répression violente et disproportionnées des autorités.
De cette lutte sont issues les accords tripartites signés entre le Gouvernement, le syndicat et le Patronat, dont l’un des points de revendication était la désignation d’un Premier Ministre, Chef du Gouvernement, sur proposition du mouvement syndical.
Mesdames et Messieurs Chers frères et sœurs,
La formation d’un gouvernement de large consensus, avait suscité de nombreux espoirs au sein de toutes les couches sociales du peuple de Guinée. C’était hélas, sans compter sur les forces de résistance, obstacles de taille à tout changement, même si celui-ci était le vœu de la majorité des Guinéens. La situation économique et financière quant à elle continuant à se dégrader, l’Armée prit le pouvoir le 23 décembre 2008, après le décès le 22 décembre 2008, du président de la République, le General Lansana CONTE.
Cette prise de pouvoir, bien que non constitutionnelle, fit renaître l’espoir en de lendemains meilleurs par l’instauration d’un nouvel ordre politique, résolument démocratique, selon les promesses faites par le CNDD. C’est pourquoi ce pouvoir militaire bénéficiera du soutien populaire et d’une grande audience internationale, à la suite de sa promesse d’instaurer un régime constitutionnel ou les droits et les libertés seraient désormais respectés. Face au non respect des promesses tenues, les forces politiques et sociales constitueront le Mouvement des forces Vives, dont le seul objectif visait l’instauration d’un régime Constitutionnel.
Au fil du temps, force fut de constater le non respect des promesses et engagements. Les tragiques événements du 28 septembre 2009 sont une conséquence de la ferme volonté d’expression et d’opposition des Forces Vives contre la perpétuation et la légitimation de la présence de l’Armée au pouvoir.
157 morts et des milliers de blessés, ainsi que des viols et violences inacceptables ont été enregistrés, aussitôt flétrit par l’opinion nationale et internationale.
Face au bras de fer qui a opposé Forces Vives et pouvoir militaires, la CEDEAO proposera une médiation confiée à son Excellence le Président Blaise COMPAORE du Burkina-Faso.
De celle-ci naîtront l’Accord historique d’Ouagadougou, signé le 15 janvier 2010 par lequel le General Sékouba KONATE devint le Président de la Transition, Président de la République par Intérim, qui à son tour, en application des dispositions de l’accord, désigne un Premier Ministre, Chef du Gouvernement issu des Forces Vives. Celui-ci proposera le Gouvernement d’Union Nationale, au sein duquel se retrouvent toutes les sensibilités.
Pour compléter la mise en place des organes de transition prévue dans les Accords de Ouagadougou, il sera crée un Conseil National de la Transition CNT.
Distingués Invités Mesdames et Messieurs,
La mise en place des organes de la Transition et l’œuvre accomplie par elles sous la ferme et sage direction du Général Sékouba KONATE, notamment l’élaboration par le CNT des différents textes fondamentaux : Constitution, Code Electoral, Lois sur la Presse, tous promulgués par le Président de la République par Intérim ainsi que les financements du processus électoral mis en place par le Gouvernement et la Communauté Internationale , ont permis la tenue de l’élection Présidentielle du 27 juin 2010. Loin d’être parfaite, cette élection a néanmoins suscitée l’admiration de nombreux observateurs tant nationaux qu’internationaux et de la Communauté Internationale, à cause de la discipline, de la maturité politique et du respect des règles démocratiques dont l’électorat Guinéen a fait preuve.
Une fois encore, je me dois de féliciter les acteurs de la transition et tout spécialement le Président Sékouba KONATE, pour le respect des engagements pris à Ouagadougou de conduire une transition apaisée dans son pays.
Mes remerciements s’adressent également à tous ceux et celles qui, de près ou de loin accompagnent la Guinée dans ces moments difficiles de notre histoire. Il s’agit notamment des bailleurs de fonds, des pays amis, de la CEDEAO, de l’Union Africaine, de l’Union Européenne, des Etat Unies d’Amérique, des Pays membre du G8, des Nations Unies, du Bureau International de Travail, de l’Organisation Internationale de la Francophonie, de l’Ambassade de Chine en Guinée, des ONG Nationales, des opérateurs économiques telle que GUICOPRES et des ONG Internationales qui ne cessent d’apporter un appui considérable et substantiel au Conseil National de la Transition que j’ai l’honneur de présider.
Mesdames et Messieurs,
N’ayons pas peur d’affirmer que l’Etat Guinéen est fragile et le restera tant que toutes les bases juridiques et institutionnelles ne seront pas mises en place, et je demeure convaincue que les partenaires qui nous ont accompagné jusqu’ici seront à nos cotés jusqu’à l’achèvement de la mission du CNT et de l’avènement d’une véritable culture démocratique en République de Guinée.
Ma conviction profonde est que les Forces démocratiques ont besoin de la Solidarité Internationale pour aider la Guinée à avancer dans le Chemin difficile qui débouche sur la création d’un environnement respectueux de l’état de Droit.
De toute évidence, si notre peuple désire rejoindre très rapidement le concert des Nations démocratiques, il devra se défaire de son immobilisme pour s’engager résolument dans la voie d’édification d’un état crédible prospère et développé. Le peuple de Guinée n’a pas le droit de revenir en arrière. Il doit au contraire résolument aller de l’avant et s’engager dans la construction d’un avenir meilleur, tout en demeurant fermement attaché aux valeurs et idéaux de justice, de vérité, d’équité et de paix, auxquels les Guinéens réconciliés, tant de l’intérieur que de l’extérieur, tous ensemble, apporteront leurs contributions.
C’est pour explorer ces nouveaux horizons que se tient ce présent séminaire, dont je salue vivement les initiateurs et les organisateurs.
Dieu bénisse la Guinée,
Sur ces mots, je déclare ouvert le Séminaire sur l’Etat moderne au service du développement.
Je vous remercie. »
