Google ads

Télimelé : Sauver le système éducatif

 

(Audio disponible dans la suite de l'article)

Au courant de la première quinzaine d’octobre 2011, la préfecture de Télimelé a tenu son conseil administratif préfectoral.
Si l’ensemble des questions touchant la vie et le développement de la préfecture ont été abordées celle qui aura le plus retenu l’attention est celle de la situation du système éducatif.
A ce sujet, le Directeur préfectoral de l’éducation a fait un diagnostic sans complaisance de la vie de l’école guinéenne à Télimelé.

 

(Pour Ecouter, appuyer ci-dessous)

{play}media/mp3/art1979.mp3{/play}

Il faut tout d’abord préciser que la Direction Préfectorale de l’Education (DPE) de Télimelé fait partie de la 2e Génération des DPE restructurée en République de Guinée suivant décision N° 02135/ MEPU-EC/CAB du 5 juillet 2010.
Elle compte cinq (5) Sections meublées par vingt un (21) cadres ayant à leur tête le Directeur Préfectoral de l’Education.
Au niveau de la base, la DPE est représentée par quinze (15) délégués scolaires de l’Enseignement élémentaire (DSEE) et les chefs d’établissement du secondaire au nombre de dix sept (17).
Dès leur mise en place, ces cadres se sont engagés dans la lutte pour la qualification du niveau des apprentissages scolaires qui passe nécessairement par trois points essentiels définis ici par le Directeur Préfectoral de l’Education Tyapato Barry.

« 1- l’amélioration de l’accès :
•    Enseignement primaire :
Malgré les efforts déployés par l’Etat, les ONG et les parents d’élèves au titre des  infrastructures et équipements scolaires, l’école à Téliméle n’arrive toujours pas à satisfaire entièrement à la demande de scolarisation des parents.
En effet, par une population scolarisable de 50.128 jeunes seulement 28.742 ont pu être scolarisés au titre de l’année 2010-2011. Ceci équivaut à un taux brut de 57%.
Derrière cette moyenne préfectorale se cadre des taux encore plus bas dans certaines Sous-Préfectures ; c’est le cas de Missira : 40%, Konsotamy : 45%, Daramagnaki : 45%, Tarihoye : 48%, Sogolon : 49% et Brouwal : 49%
•    Enseignement secondaire :
Ce problème d’infrastructures est surtout aigu au secondaire où nous avons 6320 élèves pour 111 salles de classe vétustes pour la plupart.
Quand ou suit que le collège Kolly construit en 1963 pour recevoir 300 élèves a aujourd’hui 1251 élèves avec une infrastructure qui n’a presque pas variée : 12 classes disponibles  soit un ratio de plus de 100 élèves par classe.
Lorsqu’un sait également qu’au Lycée Ley-Wendou, il y a 1194 élèves dans 13 salles de classe (soit plus de 92 élèves par classe).
On affirme aisément que l’enseignement secondaire à Télimélé suscrite assez d’inquiétudes de la part des autorités et des parents d’élèves que nous sommes… »
Malgré ces difficultés dans lesquelles baigne Télimélé, le Directeur Préfectoral de l’Education n’a pas manqué de féliciter les collectivités qui ont consenti  des efforts louables en matières de constructions d’infrastructures scolaires. C’est le cas de Porékiré dans la sous-préfecture de Saré Kaly et celles de Fanta dans la commune Urbaine qui ont pu, grâce à des initiatives locale, résoudre les problèmes de ces infrastructures qui se posaient avec acuité tant dans les écoles élémentaires que secondaires
Ainsi Porékiré a réalisé de 2007 à 2011 un Lycée- Collège de huit (18) classes en dur entièrement équipé
Fanta a réalisé un Collège de quatre (4) classes plus un bloc administratif entièrement protégé par une clôture grillagée.
2. De la qualité de l’enseignement
En matière de qualité de l’enseignement, le DPE a présenté un tableau des résultats des examens nationaux 2011 ainsi Libellé
Entrée en 7e Année
Sur 2632 candidats dont 1015 filles, ont été admis 417 dont 91 filles
Au BEPC
Sur 1124 candidats dont 375 filles, ont été admis 172 dont 34 filles
Baccalauréat
Sciences Expérimentales
Sur 100 candidats dont 41 filles, dont été admis
2 dont 1 fille
Sciences Maths :
Sur 35 candidats dont 9 filles, ont été admis
1 dont 0 fille
Sciences sociales
Sur 241 candidats dont 78 filles, ont été admis
17 dont 2 filles

Au vu de ces résultats, le Directeur Préfectoral de l’Education explique, Tyapato Barry :
« … Ces résultats quoique médiocres reflètent le niveau réel de nos candidats et nous interpellent tous.
Le nombre élève de copies illisibles rencontrées au cours de la correction de l’Entrée en 7e Année atteste à suffisance que le niveau de nos enseignants/ apprentissages est eu forte baisse.
Ceci est dû à l’insuffisance du personnel causé par le départ massif des enseignants de Télimélé vers les autres préfectures, la pléthore des effectifs dans les classes du Lycée et les Collèges Urbains, la démission des parents qui ne jouent pas pleinement leur rôle d’encadreurs etc.… »
Dans le souci d’améliorer cette situation, la Direction préfectorale de l’Education de Télimélé, convaincue que l’avenir de la préfecture dépend de la qualité de l’éducation dispensée aux enfants, a invité les participants à ce conseil administratif préfectoral à prendre toutes les dispositions pour que les acteurs et partenaires du système éducatif se donnent la main en vue de renverser la tendance.

Pour atteindre ces objectifs, selon Tyapato Barry,  tous les acteurs doivent ;
-    Mobiliser les ressources additionnelles pour construire et équiper des salles de classe partout où le besoin se fait sentir ;
-    Sensibiliser les communautés pour quelles continuent à ouvrir leur porte aux enseignants afin de leur rendre le séjour plus agréable à Télimélé
-    Renforcer l’encadrement des enfants et faire prévaloir partout la culture du mérité ;
-    Renforcer la formation des enseignants ;
-    Multiplier les inspections pédagogiques et administratives
-    Redynamiser les associations des parents d’élèves et amis de l’école (APEAE) et les structures d’élèves… »
3- De la gestion des ressources
En abordant la question vitale des ressources, Tyapato Barry a dit que le secteur de l’éducation a Télimélé a besoin d’énormes ressources, mais qu’à cause d’un environnement économique défavorable, les autorités administratives éprouvent des difficultés pour mobiliser les ressources nécessaires.
C’est pour toutes ces raisons qu’il faut encourager la cogestion de l’école en mettant en place des APEAE dynamiques et  bien formées.
Il est également nécessaire de tendre la main aux ONG et aux partenaires et surtout en gérant rationnellement les ressources mises à disposition pour le fonctionnement.
Toujours dans le cadre de la qualification de l’enseignement- apprentissage, et la réforme du système préfectoral de l’Education a rappelé la tenue du salon de l’éducation en septembre 2011 à Conakry et qui a posé les jalons d’un développement durable qui passe forcement par l’éducation.
C’est pour cette raison qu’à Télimélé, la APE a engagé des mesures de redressement qui sont entre autres :
-    La réorganisation du plan d’étude à l’élémentaire ;
-    Le redéploiement du personnel excédentaire à l’élémentaire et au secondaire ;
-    La mise à cheval de certains professeurs pour couvrir les besoins ;
-    L’élaboration et la distribution des feuilles de route à tous les encadreurs ;
-    La distribution des cahiers et craies aux enseignants et aux écoles ;
-    L’élaboration et la validation du plan de développement de l’éducation à Télimélé.
Le Directeur préfectoral de l’éducation de Télimélé, conscient de l’immensité de la tâche et de l’importance des moyens humains matériels et financiers qu’il faut mobiliser, et compte tenu que l’Etat ne peut pas tout faire, lance un appel pressant à toutes les autorités , à tous les partenaires et ONG, à tous les amis et ressortissants de Télimélé vivants en Guinée et à l’étranger à se donner la main pour ensemble accompagner l’œuvre de changement amorcé par le département de l’éducation et à travers lui le gouvernement du professeur Alpha Condé chef de l’Etat et Président de la République.
SOS donc pour la préfecture de Télimélé
Compte –rendu de Mody Sory Diallo et Djénabou Camara

Google Ads